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Mon Grand Trail des Templiers 22/10/2017

À l’heure où je devrais me trouver à Valence en Espagne et savourer mon dernier marathon de l’année… Je suis à Vaison et je me décide à vous raconter brièvement
Le Grand Trail des Templiers qui se déroulait le 22 octobre dernier à Millau dans l’Aveyron.

 

Crédit photo Festival des Templiers

Alors que j’avais complètement foiré la dixième édition du Trail Gapen’Cimes, 58km, 3200m de D+ de douleur bonheur dans les montagnes au départ de la Station superdevoluy…

 

Pour cause de lenteur.

 

Ouais ma gueule, je me suis déplacée à la vitesse de l’escargot déshydraté sans coquille, du coup, au 38ème kilomètre, avec pas mal de petits camarades, j’ai rendu mon dossard: plus le droit de continuer.

 

Mélange de honte, de colère contre moi-même.

 

J’ai ruminé, réfléchi, analysé le dossier…
Pas assez d’entraînement en altitude? Malade? Feignasse? Stressée?

 

Bref, le moral en a pris un sacré coup.

 

J’ai continué à courir, mais bof, à quoi bon si je suis une grosse nulle qui n’est même pas capable de terminer une épreuve dans les délais?
Un mois avant un ultra on va dire que j’avais intérêt à faire le deuil de cette mésaventure et me bouger les adipocytes quadris.

 

Quelques recadrages plus tard, merci monsieur DoudouCoach, je préparais mon baluchon, direction la Mecque du Trail: Millau!

 

Notre base stratégique se situera à Montlaur.
Nous posons les bagages et partons en balade autour du rougier.

 

 

La veille nous récupérons nos dossards et achetons notre morceau de from’du pour la rituelle pasta party aveyronnaise: spaghetti blé complet au Roquefort (ça va fort), enfer & damnation.

 

Les enfants et Boogie resteront au QG durant notre périple.

 

76,2 kilomètres

3540m de dénivelé positif.

Grand Causse, nous voilà!!!!

 

Crédit photo Festival des Templiers

Brieffée comme une espionne russe du KGB en goguette à Paris, équipée de mes plus vieux beaux atours, aka mon sac Salomon qui a 4 ans, de ma veste Storm Cimalp, de mes Altra Superior 3, cadeau d’anniversaire de mes 44 ans (OMG, elle est vieille).

 

Booster or not booster, telle est la question.

 

J’opte « pour » parce que je compte porter une jolie culotte courte (mon short fétiche!). Faudrait pas attraper froid ses cuissots!

 

Pas de bâtons.

 

Le départ remue les tripes, la grande communion à 6h du matin, 2500 gus’ à la frontale, waouh, c’est quelque chose que je me voulais de ressentir au moins une fois dans ma vie!
Problème: une fois que tu as goûté à l’ambiance du Grand Trail… L’expression « une fois dans ma vie » est obsolète.

 

Crédit photo Festival des Templiers

Les larmes aux yeux, le sourire au lèvres, je m’élance aux côtés de Pascal.
Nous nous cotoierons un bout de chemin puis, finalement, chacun évoluera à sa propre vitesse.

 

Je me sens bien, c’est fou!

 

Premier bouchon, DoudouCoach m’avait prévenue, avant la descente vers le premier ravitaillement à Peyreleau, nous perdons facilement une heure, pas trop possible de doubler. Genre le périph’ MAIS avec une qualité d’air vachement plus alléchante!

 

Pour moi c’est la course contre la montre, visant surtout à passer au travers de la dernière fucking barrière horaire à Massebiau (12h15 de course).

 

En attendant, tant que c’est roulant, il faut se bouger un maximum.

 

Mes jolies altra Superior3 équipées des lacets Xtenex! Et sinon, hyper concentrée!!!

Régulièrement, une averse bien froide nous rafraichit. Genre ça te glace le sang.

 

Heureusement, sur les ravitaillements, il y a de la soupe et du thé.

 

Incroyable réconfort!

 

Malgré une météo pas vraiment au beau fixe, cet ultra se révèle magnifique, comme à chaque fois que nous venons ici, j’hallucine face à ces oeuvres d’art qu’ont façonné en symbiose la nature et l’érosion.

 

Galoper là-bas sur les pentes du Mont Ventoux, s’entraîner au gré des envies sur les nombreux sentiers, chemins et petites routes par chez-moi me profite ici.

(Chaque effort compte, même le plus infime.)

 

Les Altra Superior 3 sont de vrais chaussons, est-ce vraiment la peine de vous le dire, j’en suis à ma deuxième paire. Sécurité, accroche et liberté.

 

À la fin d’une énième douche gelée, je suis trempée. Frigorifiée.
Transie, je parviens à peine à enfiler ma veste et à la zipper.

 

Cette sempiternelle question qu’on se pose tous en général commence à s’insinuer dans les méandres de mon cerveau.

 

« Qu’est-ce que je suis venue foutre ici? »

 

  • T’es venue pour en chier, t’es venue communier avec la caillasse, les vautours & les sandwiches au Roquefort.
  • T’es ici parce que t’aimes ça, c’est gravé dans ton code génétique, pas toujours facile à le reconnaître, mais ta vieille carcasse adore être malmenée et ta cervelle de foldingue chapeaute le bal, libération d’endorphine en prime.

 

Je ne te dirai pas que Le Grand Trail des Templiers est facile.

 

Non

(Loin de là, sinon je n’aurais bouclé en moins de 10 heures!)

 

Le Chéri, c’est son troisième Grand Trail des Templiers!!!

Pourtant, petit à petit, la dernière barrière horaire se profile, là, juste en dessous, il me suffit de descendre, je traverse la passerelle métallique et profite des encouragements jusqu’au point d’eau.

 

Sa raaaaaaace, délivrance.

 

Restent désormais 10 kilomètres.
Personnellement je trouve que ce sont les plus difficiles.

 

File indienne, la première montée est terriblement usante, je crève la dalle malgré la barre protéinée engloutie un peu plus bas.
J’entame une pâte de fruit à la poire Nutrisens Sport (que tu peux commander chez Accessoires Running ou Nutrisens sport).
Léger coup de fouet pour affronter la Côte du Cade…

 

Au bout, le dernier ravitaillement, celui que je préfère parmi toutes les courses que j’ai déjà pu effectuer.
Comme le départ du Grand Trail, il faut vivre ce moment au moins une fois dans sa life pour s’imaginer.

 

Dehors, les dernières lueurs du jour, il fait froid et humide.

Au bout de la piste, la Ferme du Cade, comme une oasis au milieu du désert.

 

La chaleur du feu dans l’immense cheminée, les yeux brillants des runners, le sourire des bénévoles, un buffet de malade, OMG, la bouffe chaude et salée c’est tellement bon!!!!

 

Donner des calories à ce corps que tu pousses depuis des heures, prendre toutes les ondes positives qui se dégagent de ce lieu, repartir, frontale allumée…

 

Pouvoir relancer en trottinant clopin-clopant et s’étonner de pouvoir encore courir doucement.

 

See you soon, direction le Pouncho d’Agast et sa montée abrupte, où cul à cul nous gravissons centimètre par centimètre la pente rocheuse.

 

Parvenir aux antennes, se dire qu’on « tient le bon bout ».
Pourtant ce n’est pas gagné, une alternance de montagnes russes un peu casse-margoulette se dessine devant toi, ou ce que tu en vois au delà de ton lumignon.

 

La Grotte du Hibou.

 

Alors je sais pas vous, mais moi, ce n’est pas mon kiff. Je me magne de passer cet endroit qui pue glacé et poussiéreux.

 

La fin, la descente jusque Millau, cette interminable glissade à la queue leu-leu, tantôt en mode équilibriste, tantôt accrochée aux buis, aux genévriers, aux noisetiers et autres arbres qui tendent leurs branches. Ce fessier qui te sert d’amortisseur…

 

Puiser en soi la force de courir, de se mouvoir jusqu’à l’arche d’arrivée, sentir des larmes de joie, de fatigue, couler sur ces joues rougies par l’effort et le froid…

Humilité.

 

Briller….

Vibrer de bonheur.

 

Éventuellement chercher le Chéri, déjà finisher, mais introuvable (il me dit un peu plus tard qu’il ne m’attendait pas si tôt, mon arrivée étant annoncée plus tardivement).

 

Nous nous rejoignons en contrebas, nous nous félicitons mutuellement.
Je rechiale, médaille au cou, fierté au coeur.

 

En trail, peu de médaille et on s’en fout! Celle-ci est peut-être celle qui comptera le plus pour moi en 2017. Mon précieux…

Du beau monde sur ce mythique ultratrail:  Résultats 2017 ICI
Alors que Sandra Martin (bravo!!!) mettra 08h55 par exemple, moi je prends mon temps en 15h15!!!

 

Je suis finisher du Grand Trail des Templiers 2017.

 

Amen.

 

 

Run Have Fun Etc. & love Roquefort!

 

 

 

Laurence D. templière à ses heures perdues…

 

 

 

 

 

 

Mes autres courses à Millau:

 

 

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