Run Have Fun Etc.

SAINTELYON 2016

Octobre 2016, il y eu le Marathon des Causses, difficile, magique et inoubliable.

 

S'en suivirent des entraînements locaux plus ou moins réguliers, nos emplois du temps respectifs n'étant pas en symbiose totale (hey! What did you expect?) rythmés cependant et fort heureusement par le plaisir de courir et l'intarissable soif de découvrir de nouveaux horizons.

 

 

15 jours avant La Sainté Lyon, je ne trouve pas mieux que de me fracasser-luxer un énième orteil sur les pentes du Mont Ventoux, en rejoignant Titine garée à Beaumont Du Ventoux.
Quand on y pense, à part la douleur, rien de bien méchant... Mais justement, la douleur...

 

Au travail, une horreur, mais il m'en faut plus pour me mettre en arrêt.

 

"Bibi bobo, quand tu grimaces, c'est pas beau mais c'est rigolo".

 

Il faut oublier tout espoir de prendre le départ en Vibram Fivefingers®.

 

Quoi? Oublier tout court

tout espoir de prendre le départ?

 

Impossible.
Mon tas d'os en vrac et moi restons raisonnables une dizaine de jours et je reçois mes petites beautés (merci Chéri!!!), des Altra Superior!

 

Conquise dès l'enfilage, mon orteil est "au doux" grâce à la toebox large.

 

Je me permets quelques mini-runs dans la caillasse vaisonnaise: pas trop d'impacts, waouh, ça devrait le faire sur... 72 bornes!

 

 

Jour-J, 04 décembre 2016, nous quittons la douceur hivernale de la cité voconce pour nous diriger vers Lyon.

 

Choc thermique.

 

 

Pour rappel, La SaintéLyon est un trail nocturne (40% chemin/60% route) qui relie Saint-Etienne à Lyon dont le départ est donné à minuit.

 

Errance sur le Village de la course, Halle Tony Garnier, récupération des couche-culottes chasubles-dossards, l'après-midi passe à une vitesse phénoménale.

 

Allez, viens, on prend le bus pour rejoindre la ville de Saint-Etienne!
Avant les premières vagues de départ, dans un grand gymnase plein de traileurs trépignants, nous attendons au chaud dans les tribunes, pique-niquons de la bouffe pas vraiment diététiquement correcte, glandons, peaufinons les derniers détails d'organisation de ce périple polaire.

 

Tu rigoleras moins dans quelques heures!!! Coucou le monsieur derrière!!!

Nous nous préparons, il va faire froid, j'ai l'impression d'être apprêtée pour affronter le blizzard!

 

La frontale vissée sur le bonnet,

on a tous fière allure!

 

Alors dire qu'il fait froid est un doux euphémisme.

 

Entre deux "pipis de la peur", je sirote de la souplette instantanée rallongée à la flotte, ou du thé au citron peu goulayant.
Ces deux breuvages ont le mérite de réchauffer passagèrement le corps.

 

DoudouCoach a décidé

de rester à mes côtés.

 

J'ai la consigne d'arrêter au moindre problème avec l'orteil de l'apocalypse (je ne lui dirai pas toujours que j'ai mal durant notre périple!). Oui papa!

 

Elle est longue l'attente dans le froid!
Il gèle, c'est humide!

 

Avant-même de commencer à courir je me demande ce que je suis venue foutre dans cette galère!

 

Justement, qu'est-ce

que je suis venue fabriquer ici?

 

À force de voir toutes vos belles photos, de lire vos récits de course, ça m'a donné envie de venir moi-aussi taquiner ce mythique parcours!

 

Bah, vlà, on démarre le diesel, nous passons sous l'arche de départ au son d'un pauvre morceau de U2.
Chacun ses goûts, c'est mollasson, on est loin du départ des Templiers!

 

Sa race, on se les pèle grave!
Dans un village paumé, j'enfile une surveste supplémentaire, mes doigts sont engourdis même protégés par les gants!
Un vent glacial transperce jusqu'aux os.

 

 On a choisi d'être là, on savait que ça

ne serait pas une partie de plaisir.

 

Pour faire court, le seul moment que j'ai apprécié, c'est lorsque du haut des monts, nous pouvions apercevoir une nuée de lucioles.

 

Le reste? 72 bornes sur bitume, sur chemin caillasseux, boueux, inondé par endroits.
Du dénivelé bien entendu (presque 2000m de D+), sinon ça n'aurait pas été drôle.

 

Des gens qui n'avancent pas dès qu'il y a un peu de flotte, trois cailloux ou le moindre obstacle devant eux, qui s'arrêtent et te bloquent pour essuyer leurs baskets avec un mouchoir en papier...
Si, si, je vous promets.

 

Une attente interminable au petit matin sur un single hyper glissant le long d'un clôture, des ravitos somme-toutes pas si tops que ça pour un événement de cette envergure...

 

Tu t'es vu quand t'as couru?????

La fatigue, la morosité, les douleurs intestinales causées par le froid (parfois obligée de marcher alors que je pourrais courir, tellement c'est handicapant), le panard gauche un peu sensible, le chéri qui voulait abandonner, à bout de force au dernier ravito...

 

Non, non & non!

 

Je refuse de baisser les bras, on n'arrête pas si près du but!

 

Des protéines, du salé! Tout mais plus de pain d'épices ni de tartelettes à la confiture!

 

Fin de parcours.
La poésie du moment adoucit les maux de la nuit.
L'aube apparaît, le soleil rougeoyant enflamme des paysages givrés... Le bitume, des chemins stabilisés, le bitume...

 

Interminable!

 

Dernière ligne droite.
Arrivée dans Lyon.
Un mal de bide horrible, je ne vous fais pas de dessin: "Serre les fesses et avance comme tu peux".
Le froid, toujours le froid...

 

Un parc, des escaliers, encore des escaliers et peu à peu, l'issue finale qui se profile, nous nous traînons trottinons.

 

Délivrance...

 

Le bâtiment de la Halle Tony Garnier se rapproche (ou on se rapproche d'elle, je ne sais plus!), nous happe dans sa grande gueule béante, vomissant au compte-goutte ou par grappes des traileurs hagards et craspouilles.

 

C'est main dans la main que nous franchissons la ligne d'arrivée après 11h17 de combat contre les éléments ainsi et surtout qu'une bataille contre nous-même, à coup de pompe dans l'arrière-train pour se motiver.

 

5148 finishers... Et nous, et nous et nous!

 

1362/1664V1H 7709 Pascal ROUX V1 H 3958/5148 11:17:20
106/188 V1F 401 Laurence DECKER 3954/5148 11:17:11
Fière d'avoir tenu jusqu'au bout d'une course que je n'ai pas franchement kiffé finalement (c'est rare aussi).

 

T'es une traileuse... Quand tu serres tes sphincters telle une licorne...

Mon orteil de malheur a tenu bon, les Altra Superior sont de véritables chaussons de trail drop 0mm, liberté totale, hyper souples.

 

La SAINTELYON est et reste un trail

long que l'on se doit d'inscrire

dans son CV de runner.

 

N'allez pas vous imaginer QUE parce qu'elle est très fréquentée qu'elle soit facile, LOIN DE LÀ, il faut sans cesse composer et jongler avec tous les aléas, rien n'est jamais gagné.

 

Pour preuve, cette 63ème édition a vu beaucoup d'abandons fleurir les bas-côtés.

 

Voilà, mon récit de coursinette s'achève mi-figue mi-raisin avec néanmoins la satisfaction d'avoir bouclé cet exigeante épreuve avec ma patte folle!

 

RUN HAVE FUN ETC. & viens trailer dans les Monts du Lyonnais!

 

 

 

 

Laurence, mudlover, caillasselover mais pas coldaddict...

 

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