Run Have Fun Etc.

Mémoires d’une Grosse.

Je suis devant l’écran vierge de mon ordinateur, parce que je ne sais pas vraiment par où commencer.
Est-ce raisonnable d’en parler? N’est-ce pas une forme d’exhibitionnisme de ma part?

 

J’en ai besoin.

 

Pourquoi pas tout simplement par cette phrase: « Avant, j’étais grosse ».

 

Oui, je n’ai pas toujours été celle que je suis actuellement, j’ai été obèse.
La « bonne petite grosse » que tout le monde aimait bien.

Bouboule au visage poupin.

 

Les jours se suivaient et se ressemblaient: je me détestais, je haïssais ce corps graisseux et flasque et puis je m’en fichais, je me négligeais, je négligeais ma santé.

 

Le shopping se résumait à un magasin ou deux, au rayon « Grandes Tailles » maigrichon à l’époque.

 

Fin 90, début des années 2000, l’implacable univers sadique et pervers de la Mode n’aimait pas les Grosses et ne s’y intéressait que marginalement, n’ayant pas encore flairé le business, la manne que nous représentions, à l’instar d’aujourd’hui, le marché des fringues XXL se porte à merveille, une véritable poularde aux œufs d’or!

 

Je ressemblais à une énorme patate, donc je trouvais normal de porter des sacs à patates, cacher mes bourrelets, me rendre encore plus invisible.

 

Le regard des autres, je m’en foutais comme de l’an 1000, du moins c’est que j’affirmais.

 

« Le boudin », « le trumeau », « la vache », « le large white« , ces mots sous entendus, chuchotés au passage, pensés tellement fort qu’on les sentait s’accrocher à l’âme comme la bardane sur les fringues!

 

Tout mon entourage me disait « Tu es bien comme tu es! ».

 

« Mieux vaut faire envie que pitié! »

 

À l’intérieur, il y avait un reliquat de la môme gracile de la primaire, des années « Collège », de la gamine intrépide, toujours en action, qui galvaudait à travers la campagne, à pied ou en vélo.

 

Début des années 80, la fille en jupe toute sage, c’est moi!

De l’ado, de l’étudiante qui courait de temps à autre, qui marchait beaucoup.

 

Juillet 1995, les années étudiantes!

Dans ce costume de « Petite Grosse » mon vrai moi qui étouffait, mourrait à petit feu, au fur et à mesure que les années s’écoulaient.

 

Décembre 1996
Un peu rembourrée…

J’étais devenue sédentaire, insidieusement.

 

Juin 1997, très ronde…

Août 1997
Et puis finalement, je me disais qu’il y avait pire…

Une baleine échouée sur la plage, un lamantin sur son rocher…

 

Juillet 1999
L’embonpoint fait partie de ma vie

L’entrée dans le monde professionnel, l’investissement à corps perdu (c’est le cas de le dire!) dans le travail, la famille, le mec (celui qu’on croit lorsqu’il vous chante qu’il vous aime comme vous êtes…), ma démission des Sapeurs-pompiers, les sorties et les voyages qui s’espacent, parce qu’on fait le sacrifice d’acheter une maison, d’y engager une blinde de travaux…

 

Octobre 2001, un look très effacé…

Les bonnes bouffes entre amis, en famille sont l’occasion de dévorer, de faire « bonne chair »… De noyer le mal-être qui perfidement infiltre chaque cellule de ton être.

 

Juillet 2002

J’ai bon appétit, un coup de fourchette délicat mais impitoyable.
Tartiflette, frites, glaces et grignotages, pâtisserie sans restriction, Chantilly, bonbons, burgers, kebabs, no limit!

 

Toutes les occasions sont bonnes pour nourrir et goinfrer ce bonhomme Michelin version femelle!

 

Décembre 2002, qui est qui?

Je grossis.
Passer de la taille 42 au 44, puis stagner au 46… Commencer à piocher dans le 48.
Une étape après l’autre vers l’obésité morbide. Je mesurais la dangerosité tout en étant dans le déni, je me voilais la face en m’inventant toutes sortes d’excuses.
48…

 

Avril 2003, j’enfle…

Une heureux événement en 2001, puis un second en 2004…

Juillet 2003, l’excuse? J’attends un deuxième enfant…

Ces deux grossesses sont l’excuse idéale à mes nombreux kilos superflus.

 

Février 2004, quand tu penses que tes kilos s’envoleront vite…

C’était l’époque de l’avènement du Saint-Anneau Gastrique.

 

Régulièrement aux urgences, on voyait défiler tout un tas de femmes (quelques hommes aussi) porteurs de cette révolution dans Le monde pas merveilleux des Gros.

 

De nombreux effets-secondaires, une mauvaise utilisation, des défauts de pose, un excès de serrage pour maigrir plus vite, des migrations de boîtiers, des troubles hydro-électrolytiques, des carences alimentaires…
Bref, l’engin de torture m’effrayait tout en m’attirant: Ne serait pas une solution pour moi?  Dans la plupart des cas, la perte de poids était considérable!

Moi aussi je voulais un miracle…

 

Après maints tatillonnages sur le sujet, j’avais pris mon courage à deux mains potelées et j’en avais touché deux mots à mon chef de service, chirurgien.
Il m’avait écoutée en souriant, m’avait laissé terminer mon laïus puis avait pris la parole: « Tu n’es pas éligible pour l’anneau gastrique, tu n’es pas assez grosse, il y a d’autres moyens avant ce type d’intervention ».

 

Sa franchise protectrice m’avait offusquée, blessée, je n’avais rien laissé transparaître.

 

Et puis il y avait aussi ces traitements miracles « mange-graisse » disponibles seulement sur ordonnance dont tout le monde parlait.

 

En visite pour les vaccins de la progéniture, je tâtais alors le terrain chez mon médecin traitant.
Deuxième claque dans la trombine de grosse: « Avant de prendre tout un tas de saloperies dangereuses pour la santé, tu devrais commencer par un régime, tu en es capable ».

 

Le corps médical semble se liguer contre moi!

 

J’étais grosse, triste et désabusée.

Un boulot prenant, deux enfants en bas âge, fatiguée, dépitée.

 

Je jongle entre les heures à m’éreinter dans le service, à m’occuper des enfants, à tenir cette grande maison, à ne quasi jamais sortir de ce train-train.
J’ai une vie de dingue et je me complais dedans, le cercle infernal.

 

Je suis souvent seule, quand je rentre tard le soir, épuisée après ma journée, après avoir récupéré les bébés chez la nounou, la plupart du temps, je me réchauffe des crêpes fourrées industrielles de chez Thiriet.
Curieuse mono-diète!

 

En ingurgiter quelques-unes trois ou quatre repas de suite ne m’effraie même plus pas.

 

Peu à peu la malbouffe et l’amour de mes enfants sont mon seul réconfort.

 

« Les hommes préfèrent les grosses »

 

Mon cul!
Sombrer indubitablement, s’enfoncer…
Je suis essoufflée rien que de monter le faux-plat dans le terrain à l’arrière de la maison.

 

Je dors mal, peu.

 

Je hais mon apparence, je hais ma situation et je ne bouge pas un petit doigt pour en changer.

 

Juin 2004, un peu de répit…

Septembre 2004, la veille, je m’en rappelle, nous avions emmené Lili à Disneyland.

 

En rentrant je m’étais écroulée de sommeil.

 

Ce matin-là, ce sont des battements gênants qui pulsent au niveau de mes carotides et un éléphant assis sur ma cage thoracique qui me réveillent.
L’infirmière qui m’habite (on est plusieurs à cohabiter à l’intérieur de ce gros corps!) sent que ce n’est pas tout à fait normal.

 

Je prends la voiture et parcours une dizaine de kilomètres pour me rendre dans mon service.

 

Ma collègue et amie des urgences m’installe et me constante, le scope s’affole, je vais faire péter la machine.
Lorsque Béné enregistre mon ECG, nos regards se croisent, mes yeux se posent sur le tracé, les bip-bip aigüs des appareils de mesure ne trompent pas: On est mal ma bichounette.

 

Branle-bas de combat, je tape anarchiquement à plus de 200, puis je passe en fibrillation auriculaire.

 

Les différentes drogues n’arrangent pas mon cas, il faut se résoudre à me muter en Réa Cardio. Je goûte aux joies du transport en SMUR en tant que malade alors que d’habitude ma place est sur la banquette en skaï orange, à m’affairer autour du patient.

 

Mon rythme cardiaque se réduit peu avant d’atteindre le Centre Hospitalier de Châlons en Champagne.
Je me retrouve donc propulsée en Médecine Cardio, oui, beaucoup moins glamour.
J’attire toutes les attentions du personnel: je suis jeune, la population habituelle avoisine plutôt les 80 piges que la trentaine.

 

J’ai peur, je pense à la mort, à mes deux bébés, à mes proches.

 

Après un check-up complet, je sors avec un traitement à base de beta-bloquant et une bonne dose d’aspirine.

 

La Petite Grosse qui ne bougeait pas beaucoup que j’étais va encore moins se remuer.
L’Avlocardyl® bride mon pouls.

 

Intimement, je sais que perdre du poids améliorerait mon état.

 

Tellement embringuée dans ma vie routinière et pourlingue, il y a bien longtemps que j’ai remisé la balance au placard et rangé touts les miroirs.

 

Il m’aura fallu quelques mois en sus de cette alerte cardiaque et de tous les soucis engendrés par mon surpoids (douleurs articulaires, dorsalgies, troubles du transit, peau exécrable, état dépressif latent…) pour réagir.

 

Seule un soir, en fin de service, un déclic, quelque chose me pousse à me peser.
C’est une épreuve, je regimbe.
La balance est en salle de radio, juste à côté.

 

« Tu fais moins la maligne maintenant ».

 

Face à l’objet, le combat fait rage entre ma volonté de savoir et celle d’enterrer une fois de plus le dossier.

 

Il aura suffit d’un pas en avant.

 

Le jeudi 14 avril 2005,

je pesais 87kg600 pour 1m60 (au garrot!).

 

Électrochoc.

 

Un bruit sourd s’échappe de ma gorge: un appel au secours, un appel à l’aide, un cri de désespoir et de détresse.

Une semaine à me tourmenter l’esprit, comme si avec cette vie merdique j’en avais besoin!

 

Je m’appelle Laurence, je suis obèse.

 

Inutile d’être Experte en Turlupinage de Méninges pour constater ça!

 

Je décide d’en parler avec Elisabeth, ma collègue, superbe quinquanana, active, belle, mon modèle tant au niveau personnel que professionnel.
Elle parle souvent d’un « régime » qu’elle suit régulièrement, dès qu’elle prend une paire de kilos, je lui demande quelques conseils et le contenu de ce fameux programme.
Rien de bien folichon, c’est en fait le béaba d’une alimentation équilibrée.

 

Rester aux alentours de 1500Kcal (waouh, je ne tiendrai jamais!), un maximum de fruits et de légumes, des protéines, le moins de sucres et de graisses possible, limiter les glucides au matin, au moins les premières semaines.

 

Ses mots simples, ses encouragements scellent ma détermination.

Peu importe l’intitulé, la phase est enclenchée, je me lance dans le grand rééquilibrage alimentaire de ma vie.

 

Les premières mois sont effectivement décisifs, un cap à passer.

 

Je m’accroche, ravie

des premiers kilos perdus.

 

Mes petits-déjeuners sont costauds, jambon, fromage blanc, thé, deux tartines de pain, un peu de confiture ou de compote…
Je redécouvre le plaisir de cuisiner, de manger des légumes variés, j’aime de nouveau le chou et ses innombrables variétés, les betteraves rouges, le céleri, les carottes et les endives cuites…
L’Autre ne comprend pas très bien ma démarche.

 

Je tiens bon, je résiste à toutes les tentations tout en m’offrant le loisir de deux ou trois repas gourmands mais raisonnables par semaine.

 

J’apprends à dire « Non » à ceux et celles qui prennent un malin plaisir à vouloir me détourner de mes bonnes résolutions.

 

Oui, il existe des gens mal intentionnés, cruels, jaloux peut-être. Des gens qui n’ont pas le courage de se reprendre eux-même en mains, à d’autres à qui Dame Nature a merdé en donnant le don de ne pas prendre un gramme quelque soit ce qu’ils mangent!

 

Ces mêmes charmantes personnes qui suivent d’un coin de l’œil votre courbe de poids, vos vêtements qui deviennent un peu plus lâches, tout en crachant un peu partout que vous finirez anorexique.

 

Ces gens qui ne comprennent pas ou qui ont peur que leurs plates-bandes soient piétinées.
À l’image des « pépées » du boulot, gaulées comme des princesses, qui entrevoyaient une concurrente potentielle qui se révélait au fil des mois…

 

Maigrir est une épreuve au quotidien, il ne suffit pas de moins manger…

 

Juin 2005, 78Kg900, quasi 10Kg!

 

Ma garde-robe se renouvelle régulièrement désormais, je flotte dans certains pantalons.

 

Ça serait cool que mon porte-feuille puisse suivre: entre la mère qui s’affine et les loulous qui poussent comme des champignons!
Alors, n’écoutant que mon cœur de maman, je privilégie les enfants en premier et je garde encore certains vêtements trop amples, ma période « Grand Sac à Patates » quoi!

 

J’étais encore grosse, je changeais d’apparence doucement, à grand renfort de motivation et de sport.

 

Octobre 2005, 71Kg500, le rythme est pris.

Quelle joie de ressortir, de marcher.
Oser enfin renouer avec le monde extérieur, retrouver un semblant de vie sociale.

 

Mes médicaments ne me permettent pas de faire tout ce que je voudrais.
Un vélo elliptique trône dans la chambre à coucher, tous les jours je pédale minimum une demi-heure en musique.
Je renforce mes abdominaux et toute cette enveloppe charnelle qui ne demande qu’à se raffermir.

 

Je me suis acheté des baskets parce que mon rêve est de pouvoir courir. Peine perdue pour l’instant.

 

Le regard des autres sur moi change.

 

Surtout celui de la gent masculine.
C’est un triste constat, quand tu commences à rentrer dans le moule de la « normalité », le commun des mortels semble beaucoup plus attentionné.
Après, bien attentionné, je l’avoue maintenant, pas toujours.

 

Paradoxal de se sentir redevenir libre, redevenir le Moi d’avant alors qu’à part quelques livres en moins, ma vie est toujours aussi triste et merdique…

 

Fin janvier 2006, 67Kg800.

C’est clair, désormais je ne m’arrêterais

pas tant que je n’aurai pas atteint

mon objectif des 55!

 

Parfois trop focalisée sur mes menus, vite replongée dans la spirale maison/enfants/boulot, submergée par des envies de changer, de pimenter mon existence, de revivre!

 

Chaque semaine depuis deux ans bientôt,

je note avec application mes pesées sur

un calendrier, aussi précieux

que le missel d’une vieille nonne!

 

Janvier 2007, 64Kg au compteur, lorsque je dois aller renouveler ma penderie, c’est toujours vers le rayons « Grandes Tailles » que je me dirige alors que je n’en ai plus besoin.
Le tic va perdurer quelques années.
Prendre soin de soi, de son image, se retrouver à peu près jolie alors que tout fout le camp…
Seuls mes enfants m’importent, je m’éloigne indubitablement de l’Autre, ce mari qui se révèle un étranger, celui que je croise dans la maison.

 

Je me fais bataille, je cherche encore des points communs, des choses qui pourraient nous rapprocher encore…
Et puis la routine bien présente fait que je ne bouge pas un petit doigt…

L’activité physique ne s’avère pas suffisante pour effacer l’ignoble bouée toute flasque qui ceint mon abdomen.
Elle me hante, je ne pense qu’à elle, je rêve de la voir disparaître, je m’acharne contre elle à coup d’abdos, de crèmes amincissantes.

 

Mon médecin traitant me

conseille de tenter une abdominoplastie.

 

Le prix de l’intervention n’est pas anodin, avec la p… de baraque à rembourser touts les mois et mon salaire d’infirmière, je ne peux pas me le permettre mais il est possible de passer devant une commission qui évaluera mon cas afin d’autoriser ou non la prise en charge des frais par la Sécurité sociale.
Après mûre réflexion, je me décide à consulter un chirurgien, je passe devant la fameuse commission, un vieux médecin-conseil de la Sécu, bien psychorigide, peu enclin visiblement à me donner ma chance malgré mes efforts certains pour reprendre ma santé en main!

 

Lorsque je reçois l’autorisation, j’en pleurerais presque.

 

29 mai 2007, ce matin, je pars au bloc

avec le sourire, quand j’en sortirai,

j’aurai encore franchi un cap.

 

La veille avant de partir, ma balance m’indiquait 62Kg400.

Décembre 2007, 60Kg800.

 

Décembre 2007

J’apprécie mon abdomen tout neuf, je le chouchoute.

 

Les œdèmes se sont estompés, la peau redevient souple.
Dès le mois d’août, j’avais débuté au quotidien une gymnastique douce mais efficace: rentrer le ventre, serrer les fesses ainsi que des séries de « moulinage » de jambes.

 

Le vélo elliptique me sert de défouloir.

 

Mon cœur recommence à faire des siennes, je me retrouve en réa cardio quelques jours avant Noël.

 

Je n’en peux plus de cette prison, stressée et épuisée au plus haut point, mon corps tire la sonnette d’alarme une fois de plus.

 

Mon traitement monte d’un cran à la fin de mon séjour, les médecins ont rajouté de la Flécaïne® à mon ordonnance…

 

Je passe enfin en dessous de la barre des 60Kg en janvier.

 

Les jours et les mois passent, motivation et détermination sont mes mantras.

 

Je me révèle physiquement. Psychologiquement je me sens forte et perdue à la fois.
J’ai peur de partir, de voler de mes propres ailes, ses menaces, ses remarques et ses « Si tu pars je veux la garde exclusive des petits » m’usent.

 

Lucide, je gamberge pourtant.
La peur d’en parler à la famille, aux amis.
La trouille du « Quand dira-t’on », des jugements gratuits, de l’incompréhension.
Faire « bonne figure » devant en public avec l’Autre.

 

Et puis se séparer d’abord sans l’évoquer.
Cette tension palpable, insupportable chaque jour.

 

L’annoncer un soir à mes parents, le regard médusé de maman, son amalgame avec ma perte de poids qui m’a fait tourner la tête, ses allusions qui me choquent.

 

Être forte, malmenée, ne pas lâcher: ni mes enfants, ni ma ligne de conduite alimentaire.
Tu le trouves futile toi aussi le rééquilibrage alimentaire en plein divorce?

 

Décembre 2008, je pèse désormais 55Kg700, je change de boulot, je quitte cette grande bicoque que l’on peine à revendre, un enfant sous chaque bras.

2009 est une année décisive, alors que je m’acclimate plus ou moins à tous les grands changements professionnels et personnels, alors que la date finale du jugement de divorce peine à arriver, un jour d’Août, je Le croise sur le parking de l’hôpital…

 

10 05 2009, se libérer de toutes ces chaînes…

Août, 54Kg500, les efforts payent, mes habitudes alimentaires se tournent doucement vers les sources

de protéines végétales,

moins de viande, une meilleure qualité.

27 08 2009. Porter des vêtements courts, des shorts, des jupes….

Dès lors, mon poids est à peu près stabilisé, j’en suis fière!
J’oscille entre 53 et 55Kg, convenable, quasi 35Kg de perdus, une grande victoire pour la Petite Grosse que j’étais (que je reste dans l’âme).

 

Fin 2009, Lui, le miracle, le renouveau, l’équilibre retrouvé, l’âme soeur.

 

2010.

 

Être ensemble, vivre ensemble, partager tant de points communs qu’on s’en étonne encore!

 

Août 2010

Bouger souvent, beaucoup, voyager.

 

14 08 2010 Strasbourg

Il me donne l’impulsion, l’envie de recourir. De m’y mettre vraiment…

 

Une première fois, les poumons en feu,

les jambes en carton,

je parviens péniblement à parcourir 500m.

 

Mon traitement est un handicap, après avis cardio, la Flécaïne® sera arrêtée graduellement, puis l’Avlocardyl® et enfin, l’Aspirine.

 

Revivre.

 

Plus aucun épisode de TACFA* depuis Lui…

 

Mon premier kilomètre, en ville, affublée de mon vieux jogging, de mes baskets issues des temps antédiluviens jusqu’à mon premier Ultra Trail, c’est grâce à Lui, sans qui je n’aurais peut-être jamais repris goût à la course à pied!

 

31 12 2010

10 07 2011 Pyrénées

Voilà, vous savez tout.

Je ne pouvais pas dissocier ma vie personnelle, le sport et ma perte de poids

car tout est finalement intimement lié.

 

22 06 2012 Pays-Bas

13 08 2012 Bruges

Fière de mon parcours, je me dois de rester humble aussi.
Je respecte profondément les personnes en surpoids qui assument et qui s’assument tout comme je suis admirative devant celles qui décident de changer.

 

Mon expérience a renforcé certaines valeurs qui me tiennent à cœur, on m’a appris à ne pas juger hâtivement sur l’apparence.

04 05 2013 Pays-Bas

Désormais, j’ai adopté une nourriture saine, équilibrée, flexitarienne à tendance veggie, faible en lactose et en gluten sans les éliminer complètement, je me permets toujours des écarts: 80% pseudo-parfaite & 20% craquage raisonnable!

 

La courbe de poids est stable, en période de grosse échéance sportive, les protéines féculents et légumes verts sont privilégiés…
On se récompense après les gros efforts (un bon dessert, ou quelques carrés de chocolat, …) bref, côté nutrition c’est top!

 

23 02 2014, Cannes. Week-end de mon premier Semi-Marathon

Dès que quelques kilos en trop s’affichent sur la balance, un léger rééquilibrage alimentaire s’impose naturellement.

 

C’est le cas actuellement, déjà -1Kg500 délestés depuis le 20/01).

 

06 01 2015, au top de la forme!

Voilà, j’espère que la lecture de mon témoignage aura pu apporter un brin de motivation à tous ceux et celles qui désirent changer et retrouver la ligne.

 

Il y aura des moments d’euphorie, de joie, des moments de renoncement, de démotivation, mais il faut tenir bon, y croire!

 

Fin juin 2015, mon premier Ultra de 89Km en Bretagne. 10 ans plus tôt, je me serais étouffée de rire!

Voici donc quelques conseils en vrac qui me viennent à l’esprit:

  • CROYEZ EN VOS RÊVES!!!

  • Ne pas vouloir aller trop vite, perdre progressivement.
  • Notez régulièrement vos progressions.
  • Se peser idéalement une fois par semaine est largement suffisant!
  • Prenez un avis médical, ou l’aide d’un nutritionniste ou encore d’un naturopathe est judicieux. Se faire suivre régulièrement, faire le point, suppléer les éventuelles carences par des compléments alimentaires, de préférence naturelle.
  • Varier les aliments le plus possible afin de ne pas se lasser.
  • Utiliser un compteur de calories, perso j’ai MyFitnessPal, ça aide.
  • Pratiquer une activité physique régulière, même la marche.
  • Savoir s’entourer de personnes bienveillantes et pas toutes ces sangsues qui vous lâcheront dès que vous serez au top physiquement et moralement! Accepter d’être épaulé par ses proches, ça paraît nounouille, mais c’est capital.
  • Se fixer des objectifs pertinents, vouloir décrocher la lune, c’est cool, être trop gourmand est une autre paire de manches!
  • Sachez vous récompenser sans abuser à chaque grande étape franchie, faites-vous plaisir, « marquez le coup »: un soin du corps, une nouvelle fringue, une paire de baskets, une balance connectée (ça c’est pour les 10 ou 20kg en moins!), une sortie…

Juillet 2016, bientôt un nouveau départ.
Une nouvelle vie dans le Sud.

Alors que je termine cet article, Lili est en train de regarder le peu de photos de moi issues de cette période complexe de ma vie.
Ses réflexions et moqueries d’enfant me touchent.
Elle me compare à un des personnages Disney auprès duquel je posais, plaisantant sur le fait qu’on aurait pu nous confondre.
Elle souligne « mon style branché ».
Mon cœur se serre, même si je sais qu’elle plaisante.

 

Je mesure une fois de plus que face à la différence, nous réagissons parfois tous comme des imbéciles, sans s’imaginer un instant la blessure que nous occasionnons.

 

Elle me trouve belle aussi, sur ces clichés d’un Moi hideux et déformé. Je souris.

 

Octobre 2016, poids de forme, le Sud me sied plutôt bien!

Rien n’est jamais acquis,

la vie est un challenge constant.

 

Février 2017, en plein rééquilibrage alimentaire, la pêche!

 

*TACFA: Tachycardie Arythmie Complète sur Fibrillation Auriculaire

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N’hésitez pas à surfer sur Runhavefunetc.fr ici, c’est plein de recettes healthy, gourmandes, de conseils et de trucs pratiques en sport, nutrition, remise en forme… 

 

28 02 2017, face au Ventoux, je savoure chaque petite victoire…

 

Laurence, avant j’étais grosse… Mais ça, c’étais avant…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 reflexions sur “Mémoires d’une Grosse.

  1. catherine lagler

    Bonjour Laurence, un grand bravo et un récit qui ne laisse pas indifférent !! tu as dû en bavé mais vraiment t’as un sacré mental !!! T’es une battante !! BRAVO BRAVO BRAVO
    Bonne continuation et peut être que l’on se croisera sur une course…

  2. Michel

    Bravo à toi et à ta détermination,j’ai adoré ton récit du début à la fin .très bien écrit et qui ne lasse pas le lecteur .

    1. runhavefunetc Auteur de l'article

      Merci
      Un challenge quotidien…
      Rester humble, se contenter de ce que l’on possède: l’amour, la santé, de quoi vivre correctement…
      Excellente fin de journée!
      N’Hésite pas à surfer sur le blog et à partager!

  3. Charleston

    Salut,

    Il résonne, cet article. Beaucoup. La prise de poids inconsciente, les excuses, la prise de conscience, le déclic, la perte de poids, la reprise d’une vie normale, la découverte de ses capacités (quoi, mais je peux courir un marathon moi la petite grosse ?), le changement de regard des autres et puis … La réalité de « la suite ».
    Celle dont on ne parle jamais. La réalité qu’après une grosse perte de poids, c’est pas fini. On ne retourne pas à sa vie d’avant. Nouvelle alimentation, « petits rééquilibrages » dès que la balance monte, tout ça. La vie quoi.

    Bises d’une ex-petite-grosse (enfin petite je le suis toujours … ;-))

    1. runhavefunetc Auteur de l'article

      Tout à fait.
      Merci d’avoir pris le temps de me lire;
      Excellente journée à toi.
      N’hésite pas à surfer sur le blog et à partager!
      A bientpot!

  4. Running Sucks

    Au delà de l’histoire d’une perte de poids, ce que j’ai lu, c’est l’histoire d’une femme qui était malheureuse et qui a eu le courage d’aller vers une vie qui lui correspondait vraiment. Félicitations, parce que tant de personnes se contentent d’une vie vécue à moitié. Plein de belles choses pour toi !

  5. Garnier

    Bravo, beau parcours. Et belle leçon de vie. On ne se connaît que par les réseaux sociaux et challenge commun. J’espère te rencontrer en vrai un jour.Bises.

    1. runhavefunetc Auteur de l'article

      Un énorme merci.
      Oui ce serait cool de se rencontrer enfin en tant que membres de LeBodyChallenge, cette jolie aventure!
      Bises à toi!

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