Run Have Fun Etc.

Foulées Rethéloises (2012)

 24/09/2015: Tout le monde se souvient de sa toute première course, celle pour laquelle nos doigts ont tremblé en épinglant le dossard sur notre petit bidon… Moi, j’en ai encore des frissons et je suis fière de ressentir encore et toujours ce « frisson » chaque fois que j’endosse un numéro… Séquence « larme à l’œil »… « Quand on veut on peut », qui n’a jamais entendu ce proverbe me lance la première gourde. 
Après avoir lu ce vieux post, toi qui n’a pas encore osé fouler le bitume, ou toi là-bas qui crois que tu n’y arriveras jamais: on a tous commencé, le principal est de COMMENCER.

 

10K. 4 boucles de 2500m. Le bout du monde…

Novembre 2011, sous un soleil radieux, sur le trottoir, derrière les banderoles parmi le public rethélois, je suis en admiration devant ces runners capables de courir 10 kilomètres.
Les Kenyans sont des extraterrestres, les filles des déesses, les mecs, bah… Des dieux… Moi je suis une larve.

 

J’en suis à 3 bornes, presque 4, mais avec les beta-bloquants, mon moteur est bridé. Condamnée à rester une vieille mobylette qui bavouille devant les AUTRES.
Même la dernière me tirerait quasi une mini-larmichette d’envie-admiration!
Candidate improbable peut-être échouée sur le bitume grâce à un pari, celle qui a au moins deux boucles de retard, je la porte aux nues: quel courage! « Vive toi! ».
La voiture balai la pousse au derrière, elle crache ses alvéoles, mais elle ne lâche pas le morceau!
Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh! Si seulement moi AUSSI je parvenais un jour à faire ça!
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  Les jours passent, les semaines… Je continue l’entraînement, quelquefois je me traîne derrière le doudou-coach..
Ce coach, celui qui m’a rendu goût du sport, qui ne s’est pas moqué de mes Mizuno hors d’âge parce que j’étais motivée, que je voulais reprendre, qui ne s’est pas fichu de moi non plus quand la première fois, au bout de 200 mètres, je me suis mise à chougner que je n’y arriverais jamais, reniflant dans mon Kleenex tout en surnageant dans mon jogging Décathlon collector.
Vélo elliptique, cardio, fitness, toutes les chances sont mises du côté de Bibi.
Courir pour MOI, pour me prouver que je peux, que j’en suis capable.
Qu’il n’y a pas que les autres qui peuvent réussir.
Courir pour le plaisir AUSSI.

De réflexion en réflexion, il ne pouvait en être autrement: Fin 2012, je ferais donc les Foulées.

Voilà, j’avais trouvé le BUT ULTIME à l’époque.
Les mois passent tranquillement, les beaux jours reviennent, on tombe le bonnet de laine (celui qui gratte avec la sueur et qui laisse une jolie marque rouge sur le front).
Pour mes premiers 5Km d’affilée, je me paie un T-Shirt pink girly et un collant de running premier prix.
Papa Noël m’a apporté direct d’Angleterre une magnifique paire de Nike Pegasus grises et roses, le rêve: me voilà équipée pour les beaux jours!
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15 mai 2012: Endomondo me félicite « bravo, bravo madame, 10 kilomètres! ».
Haletante, dégoulinante de sueur et braillant en pleine rue, le scoop du jour est annoncé par téléphone au coach qui est au boulot derrière sa vitre plombée.
Yeeeees!
Déterminée et à fond la tête dans le guidon je persévère.

 

La Flécaïne et de l’Avlocardyl me freinent dans mes efforts.  Molécules de malheur, vous n’aurez pas ma peau!
Boostée, me voici désormais à aller gambader quasi tous les jours ma dizaine de bornes, parfois même au retour d’une nuit de garde bien chargée, parfois à jeun, addict’ complète, je veux, je DOIS garder le cap jusqu’aux Foulées.
La fatigue, les petits tracas quotidiens et surtout mes médocs ont raison lentement de ma santé.

Tourner à ce régime-là plus question!

S’en suit alors une grande décision: Je vais stopper mon traitement pour le coeur, avec accord médical bien sûr.
Les premiers runnings « sevrée » sont effectués avec la peur au ventre. Je me prends le pouls toutes les trois secondes, la moindre petite extrasystole m’angoisse.
Au final comme j’y gagne en confort, la trouille s’efface peu à peu et le sourire revient. Je sens enfin battre mon coeur dans ma poitrine quand je m’arrache les tripes.
En septembre, Le coach me réserve une belle surprise: des Asics GT2170, elles sont énoooormes, j’adore!
Va falloir assurer! J’en profite pour m’acheter une veste coupe-vent toujours premier prix, mais d’enfer, un modèle Décathlon rose fluo (on te voit arriver, on te voit partir).
L’année touche finalement tout doucement à sa fin, l’automne est là.
On a remis le bonnet aux premiers frimas.
Après un été particulièrement difficile niveau moral… Début juillet, on apprenait que ma maman était atteinte d’une maladie génétique rare très douloureuse et Belle-Maman entrait à l’hôpital pour ne plus jamais en ressortir…
Une fois encore, courir permettait d’évacuer le trop-plein de chagrin, de colère, de fatigue… Même s’il fallait trouver le temps et la force de pratiquer.
J’avais une raison de plus de réussir.
Le jour-J: le matin les enfants ont couru, leur médaille n’est pas en chocolat, l’ambiance est bonne à La Promenade des Isles à Rethel.
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Nous serons environ 1000 à participer cet après-midi. Les kenyans sont toujours des extraterrestres…
Je regarde tout autour de moi, ça se prépare, ça s’échauffe. Le coach me donne les dernières recommandations. Mince, mais je trembloche!
Waouh, je n’ai quasi pas dormi cette nuit, je n’ai plus de jambes, plus de poumons, plus de cerveau!

JE NE SAIS PLUS COURIR.

Heure-H: dossard épinglé, estomac noué, trouillomètre à zéro, je me cale LMFO dans les oreilles.
Je me sens toute petite au milieu de cette foule.

 

Pan! Départ, c’est parti, un essaim de runners s’élance et remonte la grande allée bordée de tilleuls.

Je vais mourir, je vais vomir, je vais tomber.
Non, je cours.
« I’m sexy and I know it », le rythme de la musique, les encouragements, mes enfants qui me regardent.
C’est le pied!
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On me double, je double (génial, c’est bon ça), on me redouble…
Les quatre boucles sont bouclées, je reçois en nage ma petite rose rouge, c’est le bonheur, des ailes me poussent!

 

Ma fille me tend un Coca salvateur, mon fils rayonne et Doudou le coach est fier de moi.

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J’ai réussi, j’ai couru 10 kilomètres chez-moi à Rethel.
J’ai « fait » les Foulées!
Première course qui ne sera pas la dernière, une fois qu’on y a goûté… Et puis cette année pour la cuvée 2013, je porterai des oreilles de lapin… P’tête même le pompon!
J’aurai toujours les bouloches en épinglant mon dossard, comme à chaque course, mais c’est bon, c’est que du bonheur.
RUN Have Fun.. (Etc.)

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